Des usages et courtoisies de Lyon

Bonjour à tous ! Sur facebook, nous avions décidé de vous proposer des petits usages typiquement lyonnaises de notre cadre MET.  Les voici ici rassemblées pour les lecteurs du blog.

Qui dit « typiquement lyonnaise » dit qu’elles pourraient être uniquement dans notre jeu (mais que si d’autres voudraient les reprendre ils peuvent quand même). On est gentils on partage volontiers nos jouets !

Courtoisies

Les courtoisies sont des lois, émises par le Prince. En l’occurence, nous vous parlons des Courtoisies actuelles de Lyon. Elles s’appliquent à tous ses sujets.

Les Courtoisies définissent la vie de la cour : liste des primogenes et mode de désignation, interdits et tabous locaux, et surtout les interprétations locales des traditions. Cela peut même inclure les politesses usuelles, et autres usages de la cour.

Un usage millénaire

Depuis des siècles, c’est aux Primogene de s’assurer que les nouveaux-venus soient au courant des traditions, tâche qu’ils délèguent souvent à leur Fouet. Pour les pauvres clans et lignées qui n’auraient pas de Primogenes, il est recommandé de marcher sur des œufs le temps d’en savoir plus.

Certaines villes sont assez peu concernées par les Courtoisies et se contentent du strict minimum. A l’inverse Lyon est une ville où les usages sont importants, et où les courtoisies sont le sujet d’âpres négociations politiques. Un Prince qui aurait une interprétation trop discutable des traditions (aux yeux de la primogéniture) pourrait voir son poste remis en question.

Pis, certaines courtoisies sont là depuis plusieurs millénaires et les remettre en cause pourrait bousculer le fragile équilibre local. Et il n’est pas rare qu’un Semblable notable de la ville propose une interprétation qui l’arrange d’une courtoisie, pour nuire à un rival.

Une jurisprudence locale

Les Six Traditions sur lesquelles sont fondées la Camarilla sont courtes, floues et millénaires, depuis 2000 ans il existe des tas d’interprétations différentes.

Par exemple : la Quatrième Tradition de la Responsabilité s’applique-t-elle aux Goules d’un Vampires ? Faut-il soumettre ou non les les suzerains de ces mortels aux mêmes règles que celles de l’étreinte ? Lorsque la Troisième Tradition parle des Anciens, doit-on comprendre le Prince et/ou les anciens du Clan ?

Il est rarissime que les Justicars s’impliquent sur de tels sujets locaux et donnent une jurisprudence globale à la secte. Ils ont en général d’autres chats à fouetter. La seule exception véritablement notoire est l’Edit de Succession, qui explicite comment un domaine Anarch pourrait être reconnu ou non comme équivalent à un domaine de la Camarilla et donne donc une interprétation intéressante de la Seconde Tradition.

Pour tout le reste, c’est donc au Prince (avec l’aval plus ou moins vocal de ses Primogenes) de définir les lois de sa Praxis. Ou à son successeur de les réévaluer.

Le Charivari

Le Charivari est un terme d’ancien français qui veut dire chahut, boucan. A l’origine le Charivari est une fête bruyante et improvisée, dans le but d’exprimer sa désapprobation de manière festive. Par exemple lors d’un mariage mal assorti (grande différence d’age entre les époux) au moyen-age, les voisins faisaient un charivari, qui mêlait fête et boucan afin de marquer leur désapprobation de façon relativement positive et surtout chambrer les jeunes mariés.

Des fêtes qui dérapent

Selon la légende, les Canuts remirent le terme au goût du jour en organisant des Charviri festifs et alcoolisés autour des politiques et des puissants pour marquer leur désapprobation de leurs décisions. Le Duc de Talleyrand en a par exemple fait les frais.

Ils ont par exemple répondu à un « procès monstre » de canuts par un « charivari monstre ». C’est un outil politique, un ancêtre ouvrier de la manifestation. Un journal très influent portait même ce nom. La pratique fut vite reprise dans toutes les contestations françaises, si bien que le Charivari fut fermement réprimé et interdite

Selon les histoires qui se racontent de bouche de vampire à oreille de vampire, les plus grandes révoltes des Anarchs de Lyon se firent lors de Charivaris tenant de la bacchanale.

Aujourd’hui, le Charivari Anarch est strictement interdit par une courtoisie lyonnaise, qui juge ces usages dangereux pour la Mascarade, et aucune manifestation récente n’a pu être prouvée comme issue d’un Charivari Anarch. On s’étonne donc que le mot provoque encore des sourires amusés et rêveurs parmi le Mouvement Anarch Lyonnais.

L’Immunité

Lyon est une ville au patrimoine religieux extrêmement riche. Depuis deux millénaires, les vampires ont du composer avec une importante communauté chrétienne. C’est de cela qu’est née la courtoisie locale de l’Immunité :

« Nul ne sauroit icy des esdifices de foy passer le seul
Nul ne sauroit icy des hommes de foy faire la becquez »

Ce qu’on pourrait traduire par « n’allez pas dans les églises et autres bâtiments religieux » et « ne chassez pas de prêtres ».

Cette courtoisie, à l’origine frappée du sceau du bon sens dans une ville où les croyants pourraient se retourner contre les vampires, reste difficile à appliquer concrètement. En effet, Lyon est une des villes où le bâti religieux est l’un des plus importants de France ; il est facile de franchir le seuil d’un édifice de foi sans le savoir. Et le Prince a une vision particulièrement large de ce que doit être un « esdifice de foy ». Et la définition des « hommes de foy » n’est pas très claire.

Il va de soi que cette Courtoisie s’applique aux lieux de culte des mortels, les vampires peuvent entrer dans leurs discrets temples et églises.

Une courtoisie qui évolue

La dernière clarification de cette Courtoisie date du début des années 2010, après l’arrivée officielle des Assamites au sein de la Tour d’Ivoire. Suite à un débat houleux, il fut clarifié que « les hommes et esdifice de foy » s’appliquait à toutes les religions du Livre.

Quelle ne fut pas la surprise ensuite, lorsqu’à leur retour d’exil, les Anarchs Vaudois demandèrent, et obtinrent (de mauvaise grâce) la même protection pour leurs églises.

Monsieur de Lyon

Au sein de la Camarilla, la violence est rarement bien vue. On attend souvent des vampires de la Tour d’Ivoire qu’ils soient des monstres certes, mais des monstres civilisés.

On raconte que la majorité des Praxis refusent d’avoir un Fléau, pour cette même raison : le refus de la violence aveugle. Et bien certainement pas Lyon, où le poste n’a jamais disparu.

Selon les usages, celui qui prend le poste perd son identité pour prendre le titre des bourreaux officiels de Lyon : Monsieur de Lyon. Il doit même « porter cagoule » comme le dit la courtoisie. Il doit ainsi porter ostensiblement les stigmates de son poste. Maigre compensation pour une tâche aussi ingrate et mal aimée, il gagne également un havre de fonction.

Nul ne mange le pain du bourreau

Ce qui rend le poste aussi honni, c’est la dose de superstition qui l’entoure. On raconte que parler à Monsieur de Lyon porte malheur. On murmure aussi que boire d’une proie qu’aurai déjà bu Monsieur de Lyon porte malheur. C’est à peine si on le laisse entrer en Elysium, de peur que son âme noire ne salisse la beauté des lustres. Il n’est pas rare que le Gardien surveille strictement le Fléau.

Nul ne connait l’identité du pauvre Semblable qui prend ce rôle, même si certains s’en doutent. Il abandonne toute autonomie, toute vie pour être une arme entre les mains de son Prince, jusqu’à ce qu’il soit relâché de son service, perdu à la Bête, ou tué à la tâche. Une seule chose est sûre : si Monsieur de Lyon est tué, un autre Monsieur de Lyon prendra sa place.

Ce terrible nom honni fait trembler de rage et d’effroi les Anarchs, tant il est synonyme de purge des sang-clair et autres caïtiffs. Plusieurs fois, le Mouvement a pétitionné le Prince pour obtenir la suppression de cet horrible poste, en vain jusqu’à Présent.

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